mardi 31 mars 2009

La phrase de la semaine


"Les doutes, c'est ce que nous avons de plus intime"
Albert Camus

vendredi 27 mars 2009

Retraits de drapeaux anti-Otan ...

Ca se passe près de chez moi et en ce moment ... :


STRASBOURG (AFP) — Les visites de policiers demandant aux Strasbourgeois d'enlever de leurs fenêtres des drapeaux pacifistes provoquent de vives protestations de citoyens et d'élus qui s'inquiètent d'"atteintes aux libertés publiques", quelques jours avant le sommet de l'Otan.

"Scandaleux et intolérable", selon Daniel-Cohn Bendit, coprésident des Verts au Parlement européen. Atteinte injustifiée à la liberté d'expression, selon le président du Mouvement Démocrate (MoDem) François Bayrou.

"Parfaitement illégal", selon Patrick Wachsmann, professeur de droit public à l'Université de Strasbourg, auteur d'un ouvrage sur les libertés publiques, publié chez Dalloz.

Dans un communiqué, la préfecture du Bas-Rhin a déclaré lundi soir qu'elle n'avait "absolument pas donné de consignes aux policiers pour le retrait" des bannières aux fenêtres de particuliers.

Pourtant ces derniers jours, la police a obligé plusieurs Strasbourgeois à retirer de leurs balcons le drapeau de la paix aux couleurs arc-en-ciel avec la mention "No to Nato" (Non à l'Otan), alors que les mesures de sécurité se font de plus en plus draconiennes dans la ville, avant le sommet de l'Otan, les 3 et 4 avril.

Le Strasbourgeois Christian Grosse a ainsi dit à l'AFP que des policiers s'étaient rendus à son domicile, au début de la semaine dernière, en expliquant avoir reçu l'ordre de demander aux gens d'enlever les drapeaux.

"C'est mon fils qui les a reçus. Ils lui ont dit : +soit vous le retirez, soit on le retire+", a-t-il raconté. Le jeune homme a obtempéré, "mais j'ai raccroché le drapeau dès le lendemain", a poursuivi ce Strasbourgeois qui est aussi membre du secrétariat de la Fédération du parti communiste du Bas-Rhin.

Selon M. Grosse, "plusieurs autres personnes ont reçu la visite de la police à cause de leur drapeau".

Citant le cas de "notre camarade Christian Grosse", la secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet a lancé un appel pour "accrocher notre drapeau" partout en France.

"A l'évidence, le Gouvernement aimerait transformer la capitale alsacienne en un véritable bunker, en une ville forteresse ou il serait interdit de pavoise", a-t-elle accusé.

Pour le juriste Patrick Wachsmann, "ces faits sont choquants et constituent une dérive un peu curieuse", car il n'existe aucun texte pénal qui interdit d'accrocher un drapeau à ses fenêtres.

"Si l'autorité administrative procédait à l'enlèvement forcé d'un de ces drapeaux en question, ça serait une voie de fait, c'est-à-dire une illégalité grossière qui serait justiciable par l'autorité judiciaire", affirme l'universitaire.

Patrick Wachsmann trouve même illégales les mesures qui limitent la liberté d'aller et venir dans les "zones rouges" instaurées à Strasbourg pour le sommet de l'Otan.

"N'importe quel Strasbourgeois" pourrait attaquer devant le tribunal administratif la légalité de ces mesures qui imposent aux habitants d'être badgés et contrôlés pour rentrer chez eux, selon lui.

Pour Daniel Cohn-Bendit, "c'est particulièrement ridicule".

"Même (Silvio) Berlusconi, lors du sommet (du G-8 de Gênes, n'avait pas interdit les draps qui pendaient dehors dans les rues à Gênes", a ironisé l'eurodéputé.

Quant au président du MoDem, il juge que "c'est un tort de ne pas respecter la libre expression pacifique". "Je ne vois pas en quoi cela gênait pour rappeler que tout le monde n'est pas d'accord en France avec l'Otan", a-t-il déclaré lundi lors d'un point de presse à Strasbourg.

Le sommet de l'Otan se tiendra à Strasbourg et dans les villes allemandes voisines de Kehl et Baden-Baden, en présence notamment du président américain Barack Obama. Sont aussi attendus pour un contre-sommet entre 30.000 et 60.000 manifestants de quelque 500 collectifs de 23 pays.

Copyright © 2009 AFP

Loin de la terre brulée de Guillermo Arriaga

Synopsis :

Dans le désert du Nouveau Mexique, une caravane explose mystérieusement, à l'intérieur ; Gina et Nick, son amant secret, meurent. Une quinzaine d'années plus tard, à Portland, Sylvia, jeune femme perdue qui multiplie les conquêtes amoureuses est poursuivie par un homme étrange... Deux histoires de femmes se percutent à travers le temps, des vies s'entremêlent et les relations s'enflamment...

Avec Charlize Theron, Kim Basinger, Jennifer Lawrence

Date de sortie : 11 Mars 2009


Vu mardi.
Premier film derrière la caméra pour Guillermo Arriaga, le célèbre scénariste attitré de Inarritu et, dès les premières minutes on reconnait aisément sa "patte", montage éclaté, actes à conséquences, destins croisés ect ...
Pour peu on se croirait être devant un Inarritu, un brin de talent en moins. Le film n'arrive en effet jamais à s'élever au niveau de ses prédécesseurs, alors comme un bon élève il s'applique, il fait preuve de qualités, il livre un film très respectable mais l'ensemble manque un peu d'âme.
Outre un scénario plus que convenu, Arriaga n'arrive pas à recrée cette sorte de tourbillon émotionnel qui faisait la force de son compatriote. Dommage car l'intention y est, les acteurs sont très bons également, mais on ne peut pas s'empêcher de penser à du sous-Inarritu.
Note : 6.5/10

Une famille Brésilienne de Walter Salles et Daniela Thomas

Synopsis :

Sao Paulo. 20 millions d'habitants, 200 kms d'embouteillage, 300 000 coursiers. Au coeur de cette ville en transe, quatre frères essaient de se réinventer de manières différentes.
Reginaldo, le plus jeune, cherche obstinément son père ; Dario rêve d'une carrière de footballeur, mais l'âge, 18 ans, le rattrape; Dinho se réfugie dans la religion tandis que l'aîné, Denis, déjà père d'un enfant, gagne difficilement sa vie.
Leur mère, Cleusa, femme de ménage qui élève seule ses quatre enfants nés de pères différents, est à nouveau enceinte. A l'image d'un Brésil en état d'urgence et en crise identitaire, tous cherchent une issue.

Avec Sandra Corveloni, João Baldasserini, José Geraldo Rodrigues

Date de sortie : 18 Mars 2009


Vu Mardi.
J'aime énormément le travail de Salles, en tout cas de ce que j'en ai vu. Carnets de voyage et Avril brisé sont 2 petites et pépites et Dark water est "honnête", j'y suis donc allé naturellement.
Malheureusement son dernier film ne convainc pas totalement, la faute en grande partie à une narration faiblarde qui flirte avec l'ennui du début à la fin.
Alors certes pour compenser et faire passer l'ensemble on peut se rattacher aux personnages extrêmement bien interprétés et à une réalisation soigné à défaut d'être envoutante (comme cela avait pu être le cas dans ses films précédents) mais au final "Une famille Brésilienne" s'avère bancal et inachevé.
Note : 5.5/10

lundi 23 mars 2009

La phrase de la semaine


"Aimer, c'est trouver, grâce à un autre, sa vérité et aider cet autre à trouver la sienne. C'est créer une complicité passionnée."
Jacques de Bourbon Busset

Welcome de Philippe Lioret

Synopsis :

Pour impressionner et reconquérir sa femme, Simon, maître nageur à la piscine de Calais, prend le risque d'aider en secret un jeune réfugié kurde qui veut traverser la Manche à la nage.

Avec Vincent Lindon, Firat Ayverdi, Audrey Dana

Date de sortie : 11 Mars 2009


Vu hier.
Philippe Lioret confirme une fois de plus avec "Welcome" que c'est un bon metteur en scène de cinéma populaire avec tout ce que cela entraine, dans le bon comme dans le mauvais.
Résultat, ben pas vraiment de surprise mais une belle histoire bien amené de bout en bout, une pléiade d'acteurs bon dans leur rôle (mention spécial au jeune Firat Ayverdi) et une réalisation soigné à défaut d'être innovante.
Car l'innovation c'est peut être bien ce qui manque, le film est calibré, consensuel et à aucun moment il n'excelle ou ne surprend.
Ceci dit hors de question de boudé l'ensemble qui rempli largement son rôle, celle d'offrir un film classique et accessible.
Note : 7/10

La fille du Rer d'André Téchiné

Synopsis :

Jeanne vit dans un pavillon de banlieue avec sa mère Louise. Les deux femmes s'entendent bien. Louise gagne sa vie en gardant des enfants. Jeanne, sans trop de conviction, cherche un emploi.
Un jour, en lisant une annonce sur le net, Louise croit que le destin frappe à sa porte. Elle nourrit l'espoir de faire engager sa fille chez Samuel Bleistein, un avocat de renom qu'elle a connu dans sa jeunesse.
L'univers de Jeanne et celui de Bleistein sont à des années lumières de distance... Pourtant, ils vont se rencontrer à cause d'un mensonge inouï que Jeanne va échaffauder.
Le film est l'histoire de ce mensonge qui va devenir le fait divers le plus médiatisé et le plus politisé de ces dernières années.

Avec Emilie Dequenne, Catherine Deneuve, Michel Blanc

Date de sortie : 18 Mars 2009


Vu Jeudi.
Le deuxième Téchiné que je vois après "Les témoins". Avec comme point de départ l'histoire de cette jeune fille qui avait simulé une agression dans le Rer dans les années 2004-2005 (j'ai la flemme de chercher).
On retrouve plus ou moins les mêmes qualités et les mêmes défauts de son film précédent, le postulat de départ est intéressant, le réalisateur ne se perd pas dans le sensationnalisme ni la vulgarité et raconte son histoire avec beaucoup de tact.
Néanmoins il a vraiment du mal à instaurer des sentiments dans tout ça, on ne sent jamais réellement porté par l'histoire, on y assiste "simplement".
Résultat c'est pas chiant mais ça ne décolle pas, le film ne suscite de l'intérêt que dans sa dernière partie et notamment grâce à la talentueuse Emilie Dequenne qui rend vie à un portrait fragile et sans jugement.
Note : 6/10

samedi 21 mars 2009

The chaser de Na Hong-Jin

Synopsis :

Joong-ho, ancien flic devenu proxénète, reprend du service lorsqu'il se rend compte que ses filles disparaissent les unes après les autres. Très vite, il réalise qu'elles avaient toutes rencontré le même client, identifié par les derniers chiffres de son numéro de portable. Joong-ho se lance alors dans une chasse à l'homme, persuadé qu'il peut encore sauver Mi-jin, la dernière victime du tueur.

Avec Kim Yoon-seok, Ha Jeong-woo, Yeong-hie Seo

Date de sortie : 18 Mars 2009


Vu jeudi.
Premier film de Na Hong-Jin qui s'impose d'ores et déjà comme une référence en la matière, à ranger à coté des Old Boy, A bittersweet life et autre Memory of murders rien que ça ...
The chaser est un thriller urbain complet. Le soin apporté à chaque chose est assez impressionnant. La réalisation est propre, les acteurs sont au diapason, le scénario est béton mais c'est surtout au niveau de l'ambiance et de la psychologie des personnages que le film frappe fort.
Avec une habileté remarquable Na Hong-Jin joue avec les émotions pour nous délivrer un film à la fois froid, violent où la tension est distillée intelligemment mais y intègre également de l'humour décalé et un certain attachement aux personnages.
Bref tout est bon, du début à la fin, avec quelques petites longueurs au milieu mais la je chipote, un film à voir assurément !
Note : 8/10

jeudi 19 mars 2009

Les "Y'a bon awards"

« Quand on est français, cela ne se voit pas » annoncent les Indivisibles sur leur site web. Leur nom provient de l’article premier de la constitution qui proclame notamment que « La France est une République indivisible ». Hier 17 mars, à Paris, les Indivisibles qui se proclament avec humour « Français sans commentaires », organisaient les premiers Y’a bon awards, une cérémonie destinée à combattre le racisme « ordinaire ». Afin que les « les célébrités réfléchissent avant de parler ».

Y’a bon awards. L’appellation rappelle évidemment le slogan de la marque Banania où l’on voyait un tirailleur sénégalais proclamer son goût immodéré pour la célèbre poudre chocolatée. Le soldat Banania où comment transmettre de génération en génération le stéréotype raciste. C’est contre ce racisme « ordinaire » que lutte l’association Les Indivisibles présidée par Rokhaya Diallo.

En organisant cette première cérémonie au centre Barbara, dans le 18ème arrondissement de Paris, les Indivisibles inaugure une nouvelle façon de militer. Sans gravité mais avec sérieux, légèreté et humour ils ont distingué hier des hommes politiques, chercheurs, journalistes, bref hommes et femmes publiques, qui ont récemment « brillé » pour leur déclaration plus que limite… sur la couleur de peau ou l’origine de nos concitoyens.

La soirée, piquante, était animée par la comédienne Aïssa Maïga et l’humoriste Blanche. Le footballeur Lilian Thuram et la journaliste de télévision Audrey Pulvar parrainaient cette manifestation.

Et les gagnants sont :

. Philippe Candeloro (patineur artistique) reçoit un prix pour avoir déclaré lors d’une compétition, « Je pense qu’elle aura mérité un bon bol de riz » (il parlait d’une patineuse chinoise).
. Luc Ferry (philosophe, ancien ministre) reçoit le Prix « Le bruit et l’odeur ». Il avait déclaré que les violences conjugales seraient des « traditions importées » des pays arabes ;
. Alain Finkielkraut (Philosophe) est distingué par le Prix « Tu l’aimes ou tu la quittes » qui avait déclaré dans la presse : « Les gens disent que l’équipe nationale française est admirée par tous parce qu’elle est black-blanc-beur. En fait, l’équipe de France est aujourd’hui black-black-black, ce qui provoque des ricanements dans toute l’Europe. »
. Sylvie Noachovitch (femme politique UMP) reçoit le Prix « Les Envahisseurs » pour avoir dit : « mon mari peut dormir tranquille. Dans ma circonscription, il n’y a que des Noirs et des Arabes. L’idée de coucher avec l’un d’entre eux me répugne ».
. Eric Raoult (Député maire du Raincy, 93) reçoit un Prix « Pour l’ensemble de son oeuvre » pour avoir lancé « Aminata (Konaté ) contre Brard, c’est Naomie (Campbell) contre Peppone ! C’est la Rama (Yade) de Montreuil » et « On est pas une communauté comme au village. Le Raincy, c’est pas Bamako ».
. Yvan Rioufol (éditorialiste au Figaro) reçoit le Prix de « L’académie bien française » pour l’ouvrage Où Va La France ? (Editions de Passy, 2008).
. Le Prix « A titre posthume » revient à Pascal Sevran pour sa fameuse tirade : « Les coupables sont facilement identifiables, ils signent leurs crimes en copulant à tout-va, la mort est au bout de leurs bites, ils peuvent continuer parce que ça les amuse, personne n’osera leur reprocher cela, qui est aussi un crime contre l’humanité : faire des enfants, le seul crime impuni. On enverra même de l’argent pour qu’ils puissent continuer à répandre, à semer la mort. »

Dans 20minutes.fr, Rokhaya Diallo, présidente des Indivisibles nuance les propos des uns et des autres. Elle distingue entre les petites phrases récurrentes et les sorties maladroites ou de circonstances. Pour autant, explique, « On ne veut rien laisser passer. Pour que les personnalités réfléchissent avant de parler. On combat la banalisation de certains propos publics. »

Une manière originale, en ces temps plombés ou le sérieux est généralement de mise, de dénoncer les excès de langage et les comportements incivils. Jean-Marie Denquin, professeur de droit public et auteur de Langage et politique, interrogé par 20minutes.fr, estime que « brocarder, sur le mode humoristique, les comportements méprisants des célébrités se fait depuis des siècles.

Avant, on les représentait en marionnette, du plâtre sur la tête et on leur balançait des tomates en riant. Même si, comme ici, le fond était sérieux. Il s’agit à la fois d’un plaisir, d’une revanche et d’une manière de dissuader ».

mercredi 18 mars 2009

Le nouveau monde de Terrence Malick

Synopsis :

En avril 1607, trois bateaux anglais accostent sur la côte orientale du continent nord-américain. Au nom de la Virginia Company, ils viennent établir "Jamestown", un avant-poste économique, religieux et culturel sur ce qu'ils considèrent comme le Nouveau Monde.
Même s'ils ne s'en rendent pas compte, le capitaine Newport et ses colons britanniques débarquent au coeur d'un empire indien très sophistiqué dirigé par le puissant chef Powhatan. John Smith, un officier de l'armée, est alors aux fers pour insubordination. Déstabilisés, les Anglais préfèrent combattre plutôt que de s'adapter.
En cherchant de l'aide auprès des Indiens, John Smith découvre une jeune femme fascinante. Volontaire et impétueuse, elle se nommée Pocahontas, ce qui signifie "l'espiègle". Très vite, un lien se crée entre elle et Smith. Un lien si puissant qu'il transcende l'amitié ou même l'amour...

Avec Colin Farrell, Christian Bale, Q'orianka Kilcher

Date de sortie : 15 Février 2006


Revu hier, pour poursuivre avec la ligne rouge.
Mon avis sur le film à peu changer de ce qu'il était à l'époque de la sortie ciné, Malick est un poète !
Au travers de l'histoire déjà conté par Disney, Pocahontas, il livre un véritable hymne à l'amour, hymne à la nature. Presque avec naïveté, il dresse un portait lyrique de l'union entre John Smith et la jeune femme (bien que historiquement galvaudé). Un amour désintéressé, une pureté sans égal, sans couleur, sans origine.
Une expérience sensorielle, hors du temps, une grande intelligence dans le propos, celle des valeurs et des cultures, la cohabitation de 2 groupes aux mœurs différentes. L'humain aurait-il perdu le sens de choses simples, des sentiments et de ce contact fusionnel avec la nature ? C'est en tout cas le décalage que l'on ressent à l'arrivée des Anglais.
Les dernières minutes semblent alors bien difficile à appréhender, l'amour se meurt, l'Eden semble disparaître au loin, comme un vieux rêve qui n'existe probablement pas, la désillusion pointe le bout de son nez, la réalité nous rattrape, un goût amer nous traverse la gorge, l'idéalisme s'effondre et nous ramène à la maison.
Note : 8/10